Formation professionnelle pour les femmes Afghanes
Malgré la fin du régime taliban en 2001, il règne toujours un climat social dans lequel les femmes ont peine à gagner leur vie. Cette situation est difficile pour les Afghanes en général, mais les perspectives sont de loin pires pour les veuves.
À Kaboul seulement, entre 30 000 et 50 000 veuves ont perdu leur mari pendant des décennies de combat dans le pays. Accablées non seulement par de faibles niveaux d'alphabétisation et un accès limité à de bons emplois ou au crédit, elles font maintenant face aux défis que posent la hausse constante des loyers et des niveaux d'endettement croissants.
Souvent, les femmes occupent des emplois mal rémunérés à forte intensité de main-d'oeuvre, tels que le nettoyage ou le désherbage, qui sont leur unique source de revenu. Certaines sont obligées d'envoyer leurs enfants mendier dans les rues ou travailler comme journaliers.
Comprendre le contexte Dans le passé, des programmes aidaient ces femmes en leur Une veuve afghan coupe le ruban d'un nouveau centre de formation à Kaboul, en mars 2008. © Mirwais Nahzat
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fournissant des rations alimentaires. Maintenant, l'EUMC et CARE collaboreront pour satisfaire aux besoins de ces femmes et les membres adultes de leur famille de développer des moyens de subsistance autonomes afin d'éviter le cycle de la dépendance.
Un sondage effectué récemment par le Comité international de secours a révélé qu'alors que le revenu mensuel moyen d'un ménage en Afghanistan était de 48 $, pour les ménages dirigés par des femmes, le chiffre chutait à seulement 16 $ par mois. Les femmes gagnaient ce montant minable en effectuant des travaux peu rémunérés et à forte intensité de main-d'oeuvre. Leur situation est aggravée par des niveaux d'alphabétisation extrêmement bas, un accès limité au crédit et des loyers croissant rapidement à Kaboul. Ce que ce projet apportera Le Projet de formation professionnelle pour les les femmes Afghanes s'attaquera à ces problèmes en aidant environ 1 750 des veuves et leur famille à acquérir les compétences nécessaires pour exercer des métiers plus rémunérateurs.
Grâce à notre travail au Sri Lanka, où l'EUMC livre des programmes de formation professionnelle depuis 1989, nous connaissons les stratégies qui réussissent à encourager les femmes à obtenir des emplois ayant une valeur importante. Au Sri Lanka, notre programme comporte une stratégie en matière d'égalité des sexes afin de s'attaquer à la situation actuelle des femmes pauvres et marginalisées. En accord avec les priorités de développement en Afghanistan, ce nouveau projet nous permettra d'adapter les connaissances acquises au Sri Lanka au cours des dix-huit dernières années au milieu afghan.
Nous prévoyons qu'au cours de ce projet, les ménages dirigés par des femmes commenceront à jouir d'un niveau de vie supérieur, et que la communauté acceptera davantage les femmes sur les lieux de travail. Au bout du compte, si plus de femmes acquièrent de meilleures capacités de lecture et d'écriture et des emplois durables, l'ensemble du pays en profitera sur le plan économique.
Partenaires et financement Le financement pour le projet de formation professionnelle pour les femmes Afghanes est fourni par l'Agence canadienne de développement international (ACDI). Nos partenaires pour le projet sont CARE Afghanistan et CARE Canada. Nous collaborerons aussi avec le ministère afghan du Travail et des Affaires sociales. Les défis auxquels font face les veuves afghanes Quand les moyens de subsistance ne permettent pas aux gens d'être financièrement autonomes, le cycle de la dépendance se développe. Les femmes qui occupent des emplois mal rémunérés et à main-d'œuvre intensive élèvent des enfants qui sont destinés à subir le même sort qu'elles. Les enfants non éduqués, qui grandissent en mendiant dans les rues pour contribuer au revenu familial, font partie d'un cycle de la pauvreté qui est difficile à rompre. Pendant le régime taliban, les filles et les femmes se sont vues interdire d'occuper pratiquement tous les emplois et ont été empêchées de poursuivre leur éducation. Quand on tient compte des contraintes sociales, de la pauvreté et de la structure patriarcale de cette société, il n'est pas difficile de comprendre pourquoi les femmes - et les ménages qu'elles dirigent - sont particulièrement vulnérables face à la pauvreté. Les résultats d'un sondage effectué en 2005 donnent une idée de certains des principaux problèmes et défis auxquels font face les veuves en Afghanistan. Les voici: Faibles niveaux d'alphabétisation. Le sondage de 2005 a révélé que le taux d'alphabétisation parmi les veuves n'est que de 9,6 %. Cette situation découlerait du fait que les filles vivent loin des écoles et qu'elles doivent rester à la maison pour s'occuper des autres enfants. Accès limité aux emplois. Le régime taliban a, en fait, empêché les femmes d'exercer toute sorte de métier. Par conséquent, la plupart des femmes ont peu, voire pas, de compétences commercialisables. De nombreuses femmes ont une certaine forme de revenu, mais celui-ci provient de travaux à temps partiel et non spécialisés, tels que le nettoyage ou le désherbage, et ce revenu n'est pas suffisant pour satisfaire à leurs besoins de base. Niveaux d'endettement et loyers accrus. De nombreuses veuves ont vécu dans des maisons abandonnées par des Afghans qui s'étaient réfugiés en Iran ou au Pakistan durant la guerre. L'afflux de personnes qui retournent maintenant dans leur pays oblige les veuves à quitter leur maison et à s'endetter davantage alors que les loyers continuent à grimper. Accès limité au crédit. Les quelques femmes qui ont des compétences commercialisables et la possibilité de devenir des entrepreneurs sont pénalisées par le manque de crédit et de formation en petites entreprises à leur disposition. Malgré le fait que les Afghanes se soient fait offrir une formation professionnelle dans le passé, la plupart des initiatives visaient des métiers traditionnels, culturellement acceptables, qui avaient tendance à être beaucoup moins rémunérateurs que les métiers non traditionnels. Comment ce project profitera-t-il aux veuves afghanes? Le Projet de formation professionnelle pour les femmes Afghanes de l'EUMC fournira aux femmes les compétences nécessaires pour exercer des métiers qui sont plus rémunérateurs et qui procurent des moyens de subsistance plus durables. Bien qu'il y ait des différences culturelles entre l'Afghanistan et le Sri Lanka, les deux pays ont été touchés par des années de conflits qui ont fortement frappé les femmes pauvres et marginalisées. En adaptant ce que nous avons appris dans le cadre de projets semblables au Sri Lanka, nous prévoyons être capables d'aider les Afghanes à se sentir plus à l'aise en exerçant des emplois « non traditionnels » - et d'aider les employeurs et la communauté à accepter les femmes dans ces rôles. Plus précisément, d'ici la fin du projet, nous prévoyons voir les améliorations suivantes dans la vie des femmes et leur famille : * Plus de femmes posséderont les capacités de lecture et d'écriture de base, ainsi que les compétences techniques recherchées sur le marché du travail. Notre but est d'inscrire 1 750 veuves et leur famille dans des programmes de formation professionnelle. * Les femmes auront un meilleur accès au placement, obtiendront de l'aide pour trouver du travail et pourront bénéficier du microfinancement et de leur formation sur la gestion de petites entreprises. * Tant les hommes que les femmes comprendront mieux les droits de la personne et les enjeux hommes-femmes. Les communautés seront davantage disposées à voir les femmes jouer un rôle actif dans la société et au travail. * Au moins 50 enseignantes auront de meilleures compétences professionnelles, et 10 établissements de formation verront des améliorations dans leur gestion, leur administration et leurs pratiques d'enseignement. Au fur et à mesure que le projet évolue, le niveau de vie des femmes devrait s'améliorer. Les communautés se sentiront plus à l'aise avec les femmes en milieu de travail et les écoles de formation professionnelle locales seront équipées de façon à offrir de la formation efficace, axée sur le marché, aux groupes de femmes les plus vulnérables. Veillez cliquez ici pour la fiche de l'EUMC en Afghanistan |